GUY DE MAUPASSANT - Contes de la Bécasse, Ce cochon de Morin (1882)

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(22 mn)
Intégrale - [Livre audio mp3] (lecture par Olivier K pour KSpip)
« Ça, mon ami, dis-je à Labarbe, tu viens encore de prononcer ces quatre mots, “ce cochon de Morin”. Pourquoi, diable, n’ai-je jamais entendu parler de Morin sans qu’on le traitât de “cochon” […] »
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« Chez le vieux baron des Ravots qui ne pouvait plus chasser, une coutume existait, qu’on appelait le ” conte de la bécasse”. Lorsque chaque convive avait dégusté son oiseau, le cérémonial voulait qu’après avoir graissé toutes les têtes, le maître de maison tirât au sort celui qui seul aurait le privilège de s’en régaler. “L’élu du hasard croquait le crâne suiffé en le tenant par le nez et en poussant des exclamations de plaisir. Et chaque fois les dîneurs, levant leurs verres, buvaient à sa santé. Puis, quand il avait achevé le dernier, il devait sur l’ordre du baron, conter une histoire pour indemniser les déshérités.” Ce sont ces récits normands que Maupassant réunit ici. Histoires savoureuses sans doute à l’image du dîner, facétieuses aussi, mais pourtant cruelles : la drôlerie s’assombrit de noirceur, le tragique se lie à la farce, et le pessimisme à la bouffonnerie. »

« Le Maupassant des grands jours, des histoires assez lestes qui, dans la veine de Boule de suif, évoquent des paysans trousseurs de filles, de plantureuses noces normandes, des quincailliers de province que le démon de midi pousse à d’infructueuses tentatives de viol dans des compartiments de chemin de fer. Mais aussi ” La Peur “, ” La Folle “, le Maupassant qui en quelques pages touche le fond du coeur humain dans ce qu’il a de plus pitoyable ou cruel. Il n’est guère de portraits de la haine comparables à celui qui dans ” Saint-Antoine ” oppose un soldat allemand et un fermier du pays de Caux, et ” la Rempailleuse ” est peut-être la plus belle histoire d’amour que Maupassant ait jamais écrite. »

Gue de Maupassant




Et si on se laissait pousser la moustache?

Aujourd’hui on poursuit la lecture intégrale d’Ainsi parlait Zarathoustra. Je vous propose donc un nouveau discours: De l’ami.

Bonne écoute !

ALSO SPRACH ZARATHUSTRA
traduit de lallemand par Henri Albert



Journée sur la lecture à voix haute à la médiathèque de Roubaix

Le vendredi 15 septembre, je participe à la journée sur la lecture à voix haute organisée par la médiathèque de Roubaix! Pas de lecture en direct pour moi (comment voulez-vous que je lise correctement devant un autre public que les murs de mon appartement?) mais un entretien au sujet d’incipit blog. Peut-être nous verrons-nous là-bas?



WILLIAM BURROUGHS - Mon éducation, Un livre des rêves (1994)

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(29 mn)
Incipit - [Livre audio mp3]
« Un aéroport… Ambiance à peu près aussi spectrale que celle restituée par un spectacle de patronage. Derrière un comptoir surélevé, une femme grisonnante aux traits froids et cireux de bureaucrate intergalactique. Elle porte un uniforme bleu-gris. Lointains bruits d’aéroports, brouillés et incompréhensibles, et par […] »
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(My Education: a Book of Dreams. Traduit de l’anglais en 1996 par Sylvie Durastanti pour Christian Bourgeois Editeur.)

« William Burroughs nous livre ici son autobiographie. Mais cette autobiographie a été écrite dans l’esprit qui a guidé ce grand écrivain américain depuis Le Festin nu et La Machine molle : elle se présente comme un enchevêtrement de rêves et de réminiscences. Cette vision kaléidoscopique nous introduit dans l’univers personnel d’un homme qui a, depuis toujours, vécu l’écriture comme une expérience des limites et qui a croisé sur son chemin des hommes qui, comme lui, ont voulu changer la vie et changer la littérature. Mordant, incisif, drôlatique, Burroughs se penche sur les lieux (Tanger, Paris, New York) et les êtres (Ginsberg, Kerouac, Genet, Gysin, etc.) qui ont compté dans son passé, et qui feront partie désormais de la mythologie littéraire du XXème siècle. » (Gérard-Georges Lemaire)




ALBERT CAMUS - La chute (1956)

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(17 mn)
Incipit - [Livre audio mp3]
« Puis-je, monsieur, vous proposer mes services, sans risquer d’être importun? Je crains que vous ne sachiez vous faire entendre de l’estimable gorille qui préside aux destinées de cet établissement. Il ne parle, en effet, que le hollandais. A moins que vous ne m’autorisiez à plaider votre cause, il ne devinera pas que […] »
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« Récit énigmatique accordé à notre monde ambigu : la nature, les choses, les hommes, tout crie à une dualité contradictoire qui déroute l’observateur jusqu’au vertige. Telle est l’expérience de Clamence, réfugié dans ce bar d’Amsterdam, avocat-conseil d’ivrognes et de souteneurs. Il a choisi ce lieu d’exil, cet envers du monde bourgeois et de la bonne conscience, à la suite d’une “découverte essentielle”, sa lâcheté face à une noyade commise sous ses yeux. Sa mémoire revenue, la duplicité, l’imposture, la culpabilité universelles se sont imposées. Conséquent, Clamence a rejoint un lieu adapté où les hommes ne se déguisent pas derrière les mensonges et ne singent pas la fausse vertu. “Prophète pour temps médiocres”, il annonce la culpabilité universelle, l’impossibilité du pardon et du rachat, le règne de la servitude. Juge-pénitent, il se “confesse en long et en large” pour susciter le doute et la mauvaise conscience chez son interlocuteur. Car le portrait tracé dépasse l’individu : il figure l’homme avec ses prétentions, ses faiblesses, ses inconsciences, ses échecs, ses désespoirs. “Ne sommes nous pas tous semblables…”. Mais il concerne plus spécialement nos contemporains. N’est-ce pas une mise en garde contre le désespoir et le renoncement ? ” » (Préface d’André Abbou, dans l’édition du Livre de Poche 1968, tirée du webcamus)